Sur l'île de Sein, « la sobriété, ça fait dix ans qu'on y travaille »

Île de Sein (Finistère), reportage

Devant la mairie de l’île de Sein (Finistère), au cœur du lacis de ruelles blanches du bourg, un drôle d’écran noir a récemment été installé par EDF. Chacun peut y lire en temps réel la production des différentes sources d’énergie de l’île. « Hier, on était indépendants d’un point de vue énergie pendant toute la journée », se réjouit le maire, Didier Fouquet (sans étiquette). Le soleil de septembre fait en effet fonctionner à plein régime les panneaux photovoltaïques posés sur les toitures du centre nautique, de la gare maritime ou encore de l’écloserie — pour les huîtres —, qui fournissent 12 % de l’électricité par an. L’écran noir indique aussi aux habitants le potentiel de la future éolienne qui doit être installée par EDF sur l’île en 2023, après des années de controverses et de délais. « Ce matin, elle aurait produit 20 % de l’électricité de l’île », précise l’élu.

Située au large de la pointe du Raz, l’île de Sein est un caillou de 0,5 km2, coupé du réseau électrique national. Ici, comme sur les îles de Ouessant ou Molène, la production d’électricité émet pour l’instant treize fois plus de CO2 que sur le continent. Car pour s’éclairer, recharger leurs portables, mais aussi désaliniser l’eau, les 260 insulaires, et leurs milliers de visiteurs estivaux, dépendent encore essentiellement d’une centrale au fioul.


Des panneaux photovoltaïques sur un bâtiment et le phare où se situe la centrale thermique de l’île (fioul). © Morgan Bisson / Hans Lucas / Reporterre

« La sobriété, ça fait dix ans qu’on y travaille »

Il y a une décennie, les îles de la mer d’Iroise ont décidé de prendre le chemin de l’autonomie énergétique. Avec un horizon commun : atteindre 100 % de renouvelables en 2030. « On consommait jusque-là sur Sein 400 tonnes de fioul par an », a rappelé le 20 septembre dernier le maire Didier Fouquet. Depuis, à force de politiques publiques volontaristes, l’île de Sein est passée sous la barre des 300 tonnes.

« La sobriété, ça fait dix ans qu’on y travaille, c’est le premier pilier. Cela lie l’humain et la sociologie », raconte Émilie Gauter, chargée de mission énergie pour l’Association des îles du Ponant. Pour faire baisser les consommations énergétiques, une des priorités depuis 2012 a été d’enclencher la rénovation de l’habitat, ancien et énergivore. Car, à 1 h 15 de bateau au large du continent, faire venir artisans et…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Elsa Gautier, Morgan Bisson Reporterre

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