Île-d’Yeu (Vendée), reportage
Ce matin, une agitation inhabituelle trouble les abords du sentier littoral, le long de la côte nord-est de L’Île-d’Yeu. Munie de brouettes, de seaux et de tamis, une équipe d’archéologues motivés prend le chemin de la pointe de Gilberge, seule excroissance rocheuse au milieu d’un massif dunaire recouvert de criste marine et de giroflée des dunes. Le site de fouille, interdit au public, suscite la curiosité des promeneurs qui tendent le cou dans l’espoir d’apercevoir quelque chose. « J’étais sûre qu’il y avait un trésor ici ! » jubile une petite dame qui emprunte ce sentier tous les jours depuis soixante-douze ans. « Au risque de vous décevoir, il ne s’agit pas d’un trésor, mais d’ossements humains datant de l’âge du bronze moyen, soit à peu près 1 600 ans avant Jésus-Christ », lui répond Chloé Martin, une archéologue du bureau d’études rennais Éveha, qui codirige les fouilles.
Au total, 6 squelettes ont été exhumés, dont 2 qui se trouvaient dans des coffres funéraires en pierre. « Ce sont les premiers individus de cette époque que l’on trouve dans la région », s’enthousiasme Sylvie Boulud-Gazo, enseignante chercheuse en archéologie à l’université de Nantes et également codirectrice des fouilles. Piercing à la narine et coupe courte, cette quinquagénaire spécialiste de l’âge du Bronze n’en revient pas : « Une sépulture comme ça, c’est si rare que pour blaguer, on dit souvent que personne ne mourait dans l’Ouest à l’âge du Bronze. »
Avec l’érosion, « ils n’auraient pas passé l’hiver »
Et pourtant, cette incroyable trouvaille a bien failli — littéralement — tomber à l’eau. Le site archéologique est grignoté par l’érosion : lessivée par les tempêtes et les grandes marées, une bonne partie s’est déjà effondrée, creusant une brèche au niveau des vestiges. Quelques centimètres de plus, et ces…
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Auteur: Quentin Hulo, Scandola Graziani

