Un partage de l’Ukraine entre la Russie et les États-Unis est une option que la Russie ne peut pas accepter. Elle serait l’équivalent d’un scénario à la Coréenne contraire à la principale revendication de la Russie, à savoir le refus de la militarisation de l’Ukraine sous une égide hostile à la Russie, au départ, l’OTAN, mais aussi les États-Unis seuls ou l’Europe seule si l’OTAN venait à éclater.
Dans la mesure où les États-Unis ne peuvent être alliés de la Russie face au Royaume-Uni et à l’Union Européenne, et que même si Trump le prétendait, Poutine ne le prendrait pas au sérieux, l’Ukraine de l’Ouest ne peut être laissée aux mains des Américains.
Par contre, après avoir très attentivement suivi depuis le Maïdan les intentions de Vladimir Poutine, je suis maintenant convaincu que le Président russe ne cherche pas à faire réintégrer la Novorossia dans la Fédération de Russie, contrairement à ce que souhaiteraient beaucoup de responsables nationalistes comme Douguine, Medvedev ou Malofeev.
Cette dernière option aurait abouti à un dépeçage de l’Ukraine en récupérant la partie utile et en laissant les débris à la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et pire la Moldavie ou la Roumanie. Ces débris auraient été des chicots instables et, pour le coup, l’OTAN par leur intermédiaire, aurait progressé vers les frontières de la Russie, ce qui était justement ce que Poutine voulait éviter.
Par contre, Poutine vise, selon ce que je vois à travers ses déclarations, une Ukraine viable économiquement, donc moins sensible aux déstabilisations sociales. Pour cela, elle doit garder une infrastructure industrielle (Kharkov, Dniepropetrovsk, Nikolaïev) et un accès à la mer (Odessa).
La condition pour accepter cette option est un changement de régime, dénazifié et démilitarisé à l’encontre de la Russie, comme l’a été le Japon après la deuxième guerre mondiale mais cette fois-ci, la Russie…
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