Le président de l’Université de Saint-Étienne, Florent Pigeon, a ressorti son kit rhétorique complet du dirigeant « responsable » pour rappeler combien « la mort de Quentin Deranque a profondément bouleversé la communauté universitaire », avant de dénoncer pêle-mêle les tensions et la polarisation accrues à l’université. Avant de verser, à mon tour, la petite larme institutionnelle ou d’entamer un requiem républicain contre la stratégie de la tension, lisez ceci :
Quentin Deranque est mort accidentellement à Lyon lors de l’échec d’un guet-apens que son groupe et Némésis (groupe identitaire raciste qui prétend « protéger » les femmes européennes exclusivement en imputant toute agression uniquement à des réfugiés « extra-européens ») avaient tendu aux étudiant-es lyonnais-es de Sciences Po Lyon, où se tenait une réunion sur la situation en Palestine et le droit international.
Il faisait partie d’un groupe qui avait pris l’habitude d’organiser des ratonnades, c’est-à-dire des sorties collectives pour agresser à coups de couteau, comme ce fut le cas à Lyon pendant un match France-Maroc, ou pour tabasser des personnes ne correspondant pas à leurs idéaux racistes, réactionnaires ou validistes.
Il aurait également pu participer à d’autres happenings de Némésis, dopés aux algorithmes des réseaux sociaux et aux journalo*ps en quête de buzz, qui tentent, dans les manifestations et sur les campus, de provoquer avec des slogans racistes demandant ni plus ni moins que des déportations massives.
Ainsi, la mort de Quentin Deranque ne bouleverse pas : on se porte toujours mieux avec une cible de moins dans le dos et espère d’ailleurs qu’à chaque attaque ou guet-apens, dans ce contexte de fascisation, on sera là pour s’autodéfendre. On espère aussi que, à l’avenir, de nombreuses organisations n’auront pas la pudeur des premiers jours et soutiendront inconditionnellement les mis-es…
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