À vélo, à pied, en péniche… Les tournées écolos d’artistes [2/4] Terminé les festivals énergivores, les concerts à l’autre bout du monde : ces artistes ont décidé de faire de l’art bas carbone. Tour d’horizon des initiatives qui méritent d’essaimer !
Castanet-Tolosan (Haute-Garonne), reportage
« Quelqu’un a des nouvelles du marimba ? » Dans les cales de la Tourmente, grande péniche métamorphosée en scène flottante, le chronomètre cadence les corps. « Il est en cours d’acheminement », rétorque une voix dans l’agitation. Dénicher ce xylophone guatémaltèque un dimanche à la tombée de la nuit, voilà un sacré défi. « Pas le choix, sourit Vanessa Eudeline, de l’équipage. Celui de l’artiste a été égaré au transport. À chaque escale son rebondissement ! »
Bienvenue dans les coulisses de Convivencia, « le festival le plus lent du monde ». Du 28 juin au 21 juillet, la petite horde a été portée de patelin en patelin par le canal du Midi… à une vitesse de croisière de 5 km/h. Quelque 400 bornes en terres occitanes, du Tarn-et-Garonne aux portes de la Méditerranée, pour chanter les cultures oubliées et méconnues des quatre coins de la Terre.
« Ce festival est à contre-courant des logiques événementielles grand public, mettant à l’honneur des artistes mainstream à la chaîne, dit sa directrice, Cécile Héraudeau. En ces temps de repli sur soi et de recrudescence des discours haineux, les musiques du monde deviennent un précieux outil politique et social, pour refléter notre société cosmopolite. »
Et les matelots tiennent bon le cap de l’ambitieuse promesse d’un « voyage sans billet d’avion, hors du temps et des frontières ». Ici s’entremêlent les sonorités tout droit venues du Maghreb, d’Extrême-Orient et d’Amérique du Sud. Des chants hérités des ancêtres de chaque artiste, auxquels se noue l’écho de luttes contemporaines. Celles…
Auteur: Emmanuel Clévenot

