Surconsommation de vêtements : pourquoi la garde-robe des Français déborde

En juin 2025, le Sénat a adopté une loi anti « fast fashion » qui doit contrer la montée en puissance de la mode ultra éphémère. Au-delà de ses impacts environnementaux et sociaux ravageurs, cette dernière menace directement l’industrie et le commerce textile français.

Dans ce contexte, l’Agence de la transition écologique a publié, en juin 2025, une étude sur les pratiques d’achats et d’usage des Français en matière de vêtements. L’enjeu ? Mieux comprendre les moteurs de notre surconsommation grandissante.


Depuis plusieurs années, le commerce de l’habillement traverse en France une crise, marquée par les redressements, les liquidations judiciaires, les restructurations, les plans de sauvegarde de l’emploi et les plans de cession. Rien qu’en 2023, le secteur a perdu dans le pays 4 000 emplois, selon l’Alliance du commerce.

Malgré ce contexte peu reluisant, le nombre de vêtements neufs vendus continue d’augmenter : 3,5 milliards en 2024 contre 3,1 milliards en 2019, selon le baromètre 2024 de Refashion. Cela représente 10 millions de pièces achetées chaque jour en France.

On dispose de données sur le marché des vêtements et sur la durabilité intrinsèque des textiles, mais les comportements liés aux achats et à l’usage des textiles demeurent, quant à eux, méconnus. Cela rend leur durabilité extrinsèque difficile à appréhender. Il s’agit de mieux connaître les facteurs qui, en dehors de l’usure, amènent les Français à ne plus porter un vêtement.

Bien sûr, des tendances se dessinent. Nous savons que de nouvelles pratiques de consommation ont émergé et que d’autres se sont renforcées. Succès grandissant de la mode ultra éphémère, d’un côté, montée en puissance de la seconde main, de l’autre, en particulier via les plateformes en ligne.

Or, l’impact environnemental du secteur textile représente 4 à 8 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Mais…

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Auteur: Pierre Galio, Chef du service « Consommation et prévention », Ademe (Agence de la transition écologique)