Surdité et langue des signes : quels impacts sur le développement du cerveau ?

Les parents d’enfants atteints de surdité se voient encore trop souvent recommander la pose d’un implant cochléaire, sans que l’apprentissage de la langue des signes ne leur soit proposé. Or, apprendre à « signer » précocement permet de développer des compétences visuelles, spatiales et attentionnelles, et améliore la capacité à comprendre et anticiper les pensées d’autrui ainsi que l’organisation des connaissances en mémoire. À l’inverse, une l’exposition tardive à la langue peut avoir des conséquences néfastes sur le développement cognitif et social.


Handicap invisible, la surdité touche 1,5 milliard d’individus dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cependant, tout le monde n’est pas sourd de la même façon. En effet, il existe différentes formes de surdité classées selon le degré de la perte d’acuité auditive (surdité légère, modérée, sévère ou profonde) ou selon la localisation de l’atteinte.

Lorsque la surdité survient dans l’enfance, notamment avant la période d’acquisition du langage, la pratique linguistique des enfants sourds peut être très variable en fonction de leur niveau d’atteinte ou du contexte socioculturel dans lequel ils évoluent. Ils peuvent soit développer une langue vocale, soit une langue des signes, soit les deux (bilinguisme).

Or, selon la situation, les conséquences en matière de développement cérébral ne seront pas les mêmes.

Qu’est-ce que la langue des signes ?

« Signer » consiste à transmettre un propos dans l’espace corporel, via des mouvements des membres supérieurs et des expressions faciales.

Il existe plus de 150 langues des signes différentes à travers le monde. Chacune d’entre elles est composée de son propre lexique, d’une grammaire spatiale (en Occident, par exemple, le passé se signe derrière le signeur, tandis que le futur se signe devant) et d’une phonologie (une forme de main peut…

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Auteur: Delphine FLEURION, Enseignante chercheuse en neuropsychologie, psychologie du développement et surdité, Institut catholique de Lille (ICL)

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