Un ours, une fourche et une hache. Le logo floqué sur les pulls de la dizaine de militants du collectif Anti-tech Résistance (ATR) qui participaient à un camp d’été au mois d’août annonçait la couleur. Ils s’y sont formés à l’orientation en forêt, à des techniques de survie, à la théorie technocritique et à l’autodéfense.
Quelques jours plus tard, leur prise de parole à l’une des assemblées générales parisiennes de préparation du mouvement Bloquons tout, le 10 septembre, a été accueillie par une vive hostilité. Les militants d’ATR y ont été qualifiés de « bande de fascistes ». L’AG a fini par voter leur exclusion. Car depuis sa création à Rennes en 2022, le groupe concentre les critiques des activistes écologistes, des militants antifascistes et des collectifs technocritiques.
« Ni de droite ni de gauche »
Anti-tech Résistance, qui considère que la crise écologique actuelle découle uniquement du système techno-industriel, a pour seul objectif de « démanteler le système technologique », selon son manifeste. Le collectif qui s’affirme « ni de droite ni de gauche » consacre tout de même beaucoup de temps à critiquer les luttes de gauche — notamment Les Soulèvements de la Terre.
ATR dit ne pas militer « pour des causes progressistes (féminisme, antiracisme, luttes LGBT, animalisme, écologisme, etc.) […] [car] les luttes sociales accentuent la résilience du système technologique ». « Ce dédain pour les autres luttes entretient l’idée qu’ils sont la seule alternative viable pour lutter », analyse Antoine Dubiau, auteur de Écofascismes (Grevis, 2022).
Une idéologie qui remet en cause les outils de la médecine moderne
Lola, une militante d’ATR rencontrée par Reporterre pour répondre au nom du collectif, nuance : « Il s’agit plutôt d’une hiérarchie d’urgence que d’importance. »
La médecine et les progrès sociaux facilités par la…
Auteur: Natacha Marbot

