C’est non. La Commission européenne refuse d’envisager la suppression du dioxyde de titane dans les médicaments. Utilisée comme colorant et comme opacifiant dans de nombreux comprimés ou sirops, la substance inquiète pour ses effets sur la santé. Elle est notamment suspectée d’être génotoxique, c’est-à-dire d’altérer l’ADN. Et ce d’autant plus qu’elle est souvent présente sous sa forme infiniment petite (des nanoparticules).
Dans un document de travail du 6 août repéré par Avicenn, une association de veille sur les nanotechnologies, Bruxelles estime que l’autorisation du dioxyde de titane « devrait être maintenue » dans les médicaments. S’appuyant sur un avis de l’Agence européenne des médicaments (EMA), la Commission écarte l’hypothèse de risque cancérogène.
Cette dernière estime qu’il n’existe pas « d’alternative réaliste à ce jour » au dioxyde de titane pour la « sécurité, la qualité et l’efficacité » des médicaments. Pour Avicenn, l’exécutif européen se range aux arguments des laboratoires pharmaceutiques. Elle s’insurge contre la « légèreté » de l’EMA, qui s’est appuyée uniquement sur les données fournies par les industriels.
L’additif toujours présent dans des produits du quotidien
Avicenn s’inquiète pour les patients atteints d’affections chroniques, les plus exposés. L’association cite le cas d’une patiente atteinte de la maladie de Crohn, dont les différents traitements l’exposent à une dose de dioxyde de titane de 18 mg par jour, soit dix fois plus qu’un Français moyen. Les patients ne doivent absolument pas interrompre leurs traitements, souligne toutefois Avicenn.
Selon la Commission européenne, la substance est présente dans plusieurs dizaines de milliers de médicaments. En 2018, le magazine 60 millions de consommateurs avait pointé plusieurs spécialités très utilisées, comme certaines versions de Doliprane et…
Auteur: Benjamin Douriez

