Un procès hautement politique s’ouvre le 19 décembre au tribunal d’Évreux (Eure), pour deux jours. Celui de neuf personnes soupçonnées d’avoir participé à une action contre une usine Lafarge-Holcim, le 10 décembre 2023. Lors de cette action au slogan « Mort au ciment, gloire au vivant », près de 70 militants avaient « désarmé » une centrale à béton à Val-de-Reuil, au sud de Rouen. Elle s’inscrivait dans une campagne d’actions menées par plus de 200 organisations contre l’industrie du béton.
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Les neuf militants écologistes risquent jusqu’à dix ans d’emprisonnement pour « séquestration avec libération volontaire » du gardien du site, fait qu’ils réfutent avec leurs avocats. Ils sont aussi poursuivis pour association de malfaiteurs et « dégradations en réunion et sur un site destiné au stockage de marchandises », punies de sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.
Par ailleurs, Lafarge-Holcim s’est constitué partie civile et réclame 278 000 euros d’indemnités. Malgré les multiples sollicitations de Reporterre, l’avocat de l’entreprise n’a pas répondu à nos questions. Au tribunal, les militants et leurs avocats comptent bien rappeler que le cimentier est de son côté poursuivi pour « financement du terrorisme » en Syrie.
« J’avais peur d’aller en manifestation »
Dans le cadre de l’enquête, 17 personnes avaient été perquisitionnées à leur domicile le 8 avril dernier, dont 8 avaient été emmenées à Levallois-Perret, dans les sous-sols de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) chargée de l’enquête.
Elles racontaient à Reporterre leur interpellation brutale et leur garde à vue interminable, jusqu’à 76 heures, ponctuées d’auditions sur leurs idées politiques et leur implication…
Auteur: Léa Guedj

