Suzanne habite la ferme qui l’a vue naître en 1930, en lisière de la forêt, à Rochesson, sans confort moderne. Cette ancienne professeure de mathématiques a choisi de revenir vivre dans le domaine familial, en dépit de ce que pouvait lui dire son entourage.
« Il y a des gens qui s’ennuient pour un oui ou pour un non. Quand on ne sait pas quoi faire, on trouve toujours quelque chose. Ne serait-ce que rêvasser. »
L’électricité lui parvient : « grâce à une turbine datant de 1928 que [ses] grands-parents ont installée ». Quand il n’y a pas d’eau dans le ruisseau, il n’y a pas d’électricité.
« On peut très bien vivre comme ça, sans électricité, sans eau, sans tout le confort de maintenant. Parce que finalement on se crée des besoins, et puis une fois qu’on les a, on ne peut plus s’en passer. »

La consommation de Suzanne se limite à ses besoins essentiels. Elle s’occupe également seule de son jardin et cuisine ses propres légumes, de façon spontanément respectueuse.
Vivant au gré des saisons, elle observe attentivement le temps par les fenêtres : « Eh bah oui ça neige » dit-elle, émerveillée, devant les premières tombées qui recouvrent silencieusement les sapins et les plaines des Hautes-Vosges, au commencement de l’hiver. A deux degrés dans sa chambre en se levant, Suzanne raconte qu’elle doit dormir avec couettes, couvertures et bouillottes, pour se tenir chaud. Pendant la journée, elle bêche la neige pour récupérer ses poireaux.

Au printemps, elle cueille des groseilles et fait ses propres bocaux. Elle peut également de nouveau se promener le long des sentiers.
Les réalisateurs s’interrogent sur le mode de vie de Suzanne, qu’ils considèrent comme un modèle de vie exemplaire d’un rapport au temps en voie de disparition. Leur conviction est qu’il est loin d’être archaïque mais bien ancré dans l’actualité.

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Auteur: Maïté Debove

