Ne leur parlez pas de « fusion » : si la CGT (640 000 adhérents) et la FSU (160 000) se rapprochent, c’est très doucement. « Nous rouvrons des discussions, rien de plus », assurait la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, mardi 6 février devant la presse. « Nous y allons pas à pas », confirme son homologue de la FSU Benoît Teste, qui reconnaît néanmoins l’envie commune de « bâtir un nouvel outil syndical de transformation sociale à vocation majoritaire ».
Pas facile pour autant d’avancer, quand bien même l’« unité syndicale » est inscrite dans les statuts de la CGT, comme dans l’histoire de la FSU. « Nous sommes pétris de contradictions, confesse Benoît Teste. La FEN, dont la FSU est l’héritière, est née au lendemain de la guerre du refus de choisir dans la scission entre la CGT et Force ouvrière. Une volonté unitaire qui a conduit à la création d’une troisième organisation… »
En mars 2023, lors du congrès de la CGT à Clermont-Ferrand, la mention du rapprochement avec la FSU a été soigneusement omise du document d’orientation, face aux réticences des militants. « Nous sommes attachés à l’unité, mais que va devenir la CGT avec l’unification prônée ? », s’interrogeait l’un d’eux, très applaudi, tout en reconnaissant l’importance de l’intersyndicale dans la bataille contre la réforme des retraites.
« Étape par étape : ne faisons pas de plans sur la comète »
Si celle-ci continue – l’intersyndicale s’est encore retrouvée lundi soir pour échanger sur les négociations au sujet de l’emploi des seniors avec le patronat –, les plus contestataires aimeraient aller plus loin, et imaginent, face au bloc réformiste CFDT-CFTC-Unsa, la formation d’un bloc contestataire, qui pourrait aussi intégrer Solidaires. Mais, là encore, les choses risquent de se compliquer, tant la concurrence peut être rude à la SNCF ou à La Poste, bastions communs des deux…
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Auteur: Nicolas Senèze

