Syrie, la tragédie sans fin

Nous avons eu trop tendance à oublier la Syrie, comme si le martyre de son peuple, les six cent mille morts de la répression, les quatre millions d’exilés, les sept millions de déplacés, et la ruine de ce pays magnifique n’étaient plus qu’un mauvais souvenir. Mais le feu couvait toujours sous la braise. Et il en sera ainsi tant que la question démocratique posée par les révolutionnaires de 2011 ne sera pas résolue. Le foyer s’est brusquement rallumé là où il ne s’était jamais vraiment éteint. Dans cette région d’Idlib, au nord-ouest du pays, où ce qui reste de la rébellion avait trouvé refuge, de gré ou de force, et où les bombes continuaient de pleuvoir périodiquement sur la population civile.

Israël n’aime rien tant que cet « ennemi » inoffensif.

Bien sûr, l’offensive éclair conduite par les troupes du mouvement islamiste Hayat Tahrir al-Sham (dit HTS) et les rebelles de l’Armée nationale syrienne, n’intervient pas à n’importe quel moment. Si les islamistes et leurs alliés ont pu s’emparer en quelques heures d’Alep, la deuxième ville de Syrie, et fondre sur Hama, plus au sud, c’est qu’ils ont pu profiter de l’onde de choc de la guerre israélienne au Liban. À partir de 2016, alors que la dictature de Bachar Al-Assad était sur le point de tomber, c’est le Hezbollah et les gardiens de la révolution iraniens, alliés à l’aviation russe, qui l’avaient sauvée. C’est peu dire aujourd’hui que le Hezbollah est affaibli, alors que les positions iraniennes en Syrie ont été pilonnées jour après jour par Israël. Bref, le régime est nu.


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Les assaillants vont-ils pour autant descendre jusqu’à Damas pour terminer la révolution…

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Auteur: Denis Sieffert

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