Justice, représentation politique, sécurité, reconstruction : partout, l’écart entre l’espoir suscité par le changement de régime et la réalité du terrain menace d’alimenter de nouvelles tensions.
Pour l’Envoyé spécial adjoint de l’ONU dans le pays, Claudio Cordone, il ne suffit plus de tourner la page de la dictature al-Assad. Les nouvelles autorités doivent désormais démontrer que l’État est capable de fonctionner autrement.
« La transition politique en Syrie est entrée dans une phase décisive, où les perspectives d’avenir côtoient une grande fragilité », a-t-il résumé lundi devant le Conseil de sécurité, le principal organe de l’ONU chargé des questions de sécurité internationale.
Une impatience qui gagne les institutions
Claudio Cordone (au centre), Envoyé spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU pour la Syrie, au Conseil de sécurité (archive).
Le premier test concerne les institutions elles-mêmes.
Plus de huit mois après les élections indirectes organisées pour désigner un parlement, l’Assemblée du peuple n’a toujours pas entamé ses travaux. En cause, le nouveau président du pays, Ahmed al-Sharaa, n’a pas encore nommé le tiers des députés qu’il lui revient de désigner en vertu de la déclaration constitutionnelle de mars 2025.
C’est pourtant à cette assemblée qu’il reviendra d’adopter les nouvelles lois, de contrôler l’action du gouvernement et de préparer l’adoption d’une constitution permanente avant les élections prévues à l’issue de la transition.
Pour Claudio Cordone, ce retard dépasse largement une simple question de calendrier. Il nourrit le doute sur la capacité des nouvelles autorités à construire des institutions représentatives. « Tous les Syriens, en particulier les femmes et les différentes composantes de la société, doivent avoir…
Auteur: Nations Unies FR

