Le contraste résume à lui seul le moment syrien. Quelques semaines après avoir renoué avec les paiements internationaux par Visa et Mastercard, le pays a vu des manifestants brûler des pneus et bloquer des routes pour protester contre le prix du diesel. L’économie syrienne se reconnecte au monde ; une grande partie des Syriens peine toujours à payer l’essence, la nourriture ou l’électricité.
Devant le Conseil de sécurité, jeudi, l’ONU a dressé le portrait d’un pays qui avance incontestablement, mais dont les progrès restent exposés à une série de secousses économiques, politiques et sécuritaires. « Les Syriens ordinaires jugeront la reprise économique à l’aune de leur vie quotidienne : les emplois, une alimentation et un logement abordables, une électricité et des services de base qui fonctionnent », a averti Claudio Cordone, l’envoyé spécial adjoint de l’ONU pour la Syrie.
Cette épreuve du quotidien vient brutalement de commencer. Samedi, le gouvernement a augmenté de 40 % le prix du diesel et de plus d’un quart celui de l’essence, déclenchant les manifestations les plus étendues depuis la chute de Bachar Al-Assad, en décembre 2024. Des routes ont été coupées, notamment entre Damas et Alep, tandis que des convois de pétrole étaient bloqués dans le Nord-Est. Environ 90 % des Syriens vivent sous le seuil de pauvreté, selon les estimations de l’ONU.
Le retour, sans garantie de rester
L’envoyé spécial adjoint du Secrétaire général pour la Syrie, Claudio Cordone, informe le Conseil de sécurité de ONU de la situation dans ce pays.
La crise frappe au moment précis où la Syrie connaît un mouvement de retour sans précédent depuis vingt ans. Plus de 2 millions de déplacés internes et 1,8 million de réfugiés sont rentrés volontairement depuis décembre 2024, selon Tom Fletcher, le…
Auteur: Nations Unies FR
