En présentant leur dernier rapport, les membres de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie ont salué les avancées réalisées par les autorités et la population depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, notamment la mise en place d’un organe législatif et d’une cour constitutionnelle.
Mais ils ont aussi souligné l’ampleur de la tâche : reconstruire des institutions respectueuses des droits humains tout en faisant face à l’héritage de plus d’une décennie de guerre et d’abus systématiques.
Le mandat de la Commission porte sur les violations présumées du droit international des droits humains commises en Syrie depuis mars 2011, date du début du conflit.
« Une étape essentielle pour la réconciliation »
Pour les enquêteurs, rendre des comptes sur les violences passées, mais aussi sur les exactions plus récentes, est indispensable à la réconciliation.
« Aborder de manière globale non seulement les violences passées mais aussi les plus récentes est une étape essentielle pour la réconciliation », a déclaré la commissaire Monia Ammar, citant notamment les violences survenues sur la côte et dans l’ouest de la Syrie au début de 2025, à Soueïda en juillet de la même année, ainsi que celles ayant suivi les hostilités de janvier impliquant les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les Kurdes.
« Plusieurs centaines de personnes sont toujours portées disparues », a-t-elle ajouté.
La Commission salue la coopération engagée avec les nouvelles autorités, mais estime que le nombre limité de procédures judiciaires menées jusqu’à présent reste insuffisant pour répondre à l’ampleur des violations commises.
Les enquêteurs pointent également de nombreux défis : les conséquences des opérations militaires israéliennes, la faiblesse des mécanismes de reddition de comptes, la fragilité de l’espace civique, ainsi que l’héritage politique et…
Auteur: Nations Unies FR
