En quelques jours, la reprise en main des principales villes syriennes par le groupe islamiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS) et la chute inattendue du régime Baas de Bachar al-Assad, après 14 ans de guerre civile, marque un revirement géopolitique d’ampleur au Moyen-Orient. Mais aussi un camouflet pour Vladimir Poutine. La Russie, principale alliée de Damas depuis 2015, n’a pas été en mesure de voler au secours de son allié, vraisemblablement accaparée par le front ukrainien. Désormais, Moscou pourrait perdre ses points d’appuis en Méditerranée, ce qui ne serait pas sans conséquence sur la politique du Kremlin dans la région.
Interrogé par Public Sénat, le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU à New York, auteur de D’un monde à l’autre aux éditions Robert Laffont, y voit « la fin du rêve impérial russe » que voulait réactiver Vladimir Poutine. Entretien.
La chute éclair du régime de Bachar al-Assad, encore impensable il y a quelques semaines, s’explique-t-elle parce que l’attention de ses deux principaux soutiens, Moscou et Téhéran, était accaparée par d’autres théâtres d’intervention ?
« Ça n’est pas tant l’attention que les moyens de ses soutiens qui ont été mobilisés par d’autres prérogatives. La Russie est occupée par l’Ukraine où elle avance assez mal. Elle a dû alléger son dispositif en Syrie, notamment avec un redéploiement de son…
Auteur: Romain David

