Syrie : une petite musique française

« Vigilance », « méfiance », « lucidité » : ces mots vertueux alimentent les commentaires depuis l’arrivée au pouvoir des rebelles à Damas. On ne saurait reprocher à personne d’être attentif à l’évolution de la situation. Mais point trop n’en faut ! Quand on entend une journaliste du service public demander au ministre des Affaires étrangères (démissionnaire) s’il prendra contact avec les « terroristes » ; lorsque France 2 convoque à son JT de 20 heures, le général Desportes qui « rappelle » que la chute de Saddam Hussein en Irak a eu pour effet Daech, on se demande si on n’est pas plutôt déjà dans une vague nostalgie du tyran. Celui-là était horrible, mais son régime au moins était stable. Avec lui, on n’entendait plus parler de la Syrie.


Sur le même sujet : Quel avenir pour la Syrie après une étrange révolution ?

Rappelons tout de même au général, que ce ne sont pas des islamistes qui ont fait chuter Saddam Hussein en 2003, mais l’armée américaine, que ce sont les États-Unis qui ont démantelé l’appareil d’État, et l’administrateur Paul Bremer qui a jeté sur les routes des centaines de milliers de sunnites qui sont allés rejoindre Daech à la frontière syrienne. Quand la « vigilance » devient contre-vérité ! Or, précisément, c’est l’erreur que les islamistes de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), instruits par l’histoire, semblent vouloir éviter. Ils ont maintenu en place les fonctionnaires du régime, et négocié avec le dernier premier ministre d’Assad. Tout le contraire des Américains en Irak.

L’enjeu, c’est la levée des sanctions et la reconnaissance du nouveau régime, et à terme, des élections.

Les deux exemples cités plus haut sont certes caricaturaux. Ils donnent tout de même le…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Denis Sieffert

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com