Dégradations, campagnes de harcèlement, retraits ou suspensions de subventions : la librairie féministe et lesbienne Violette & Co, à Paris, illustre une série d’attaques visant les librairies indépendantes engagées. Un phénomène qui s’inscrit dans une bataille culturelle assumée par la droite et l’extrême droite.
Vitrine dégradée à l’acide, menaces, cyberharcèlement, puis coupes de subventions : la librairie féministe, lesbienne et LGBTQIA+ Violette & Co, à Paris, fait face depuis plusieurs mois à une succession d’attaques qui dépassent largement le simple fait divers. Pour son équipe, il s’agit désormais clairement d’une bataille culturelle menée par la droite et l’extrême droite.
Fondée en 2004, reprise par un nouveau collectif, Violette & Co se définit comme une librairie engagée : féminismes pluriels, luttes lesbiennes, trans et queer, antiracisme et convergence des luttes structurent son assortiment.
À l’été dernier, une vitrine consacrée à la Palestine, aux critiques de l’extrême droite et de l’homonationalisme déclenche une première vague de tensions. Des individus viennent « discuter », puis menacer. Rapidement, la polémique enfle sur les réseaux sociaux, relayée par des élus, notamment via des vidéos de la vitrine partagées sur X.
Les conséquences sont concrètes : tags à l’acide sur toute la devanture, vitres à remplacer intégralement, appels téléphoniques, campagnes de dénigrement sur Google Maps, harcèlement ciblé visant personnellement des libraires, avec des propos lesbophobes et misogynes. Si l’été est marqué par une vague massive de soutien du public et de la communauté féministe et LGBT+, la violence, elle, change de forme.
À l’automne, le conflit se déplace sur le terrain institutionnel.
Au Conseil de Paris, le groupe LR Changer Paris fait voter la suppression d’une enveloppe de 482 000 € destinée à 40 librairies indépendantes, ciblant…
Auteur: Le Média

