Taïwan : l’avenir de la démocratie en Europe se joue aussi face à la Chine

La Chine exerce à nouveau une pression extrême sur Taïwan. Pour la deuxième fois dans l’année, elle mène des exercices à armes réelles à proximité immédiate de l’île, soumise à un blocus momentané. Le Parti communiste chinois simule une répétition générale pour le jour où il déciderait de s’emparer militairement de ce territoire qui lui échappe depuis 1949.

Ces opérations sont aussi une riposte à deux puissances qui ont récemment affirmé leur solidarité avec Taïwan : les États-Unis, qui ont approuvé leur plus importante vente d’armes au régime nationaliste depuis 2001 ; et le Japon, dont la première ministre Sanae Takaichi a laissé entendre qu’il pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre son voisin méridional.

Deux ambitions géopolitiques s’opposent : celle de la Chine, qui veut contrôler son proche voisinage et devenir une puissance maritime globale ; et celle de ses rivaux, qui entendent à l’inverse la contenir et défendre le principe de libre circulation dans les eaux internationales.

Ce bras de fer a une autre portée mondiale, celui de la défense de la démocratie. En adhérant à ce modèle de gouvernance depuis une trentaine d’années, Taïwan dément la propagande de Pékin qui promeut un communisme censé incarner l’esprit même de la Chine moderne. Pour les Occidentaux, soutenir l’île, c’est saper le despotisme contagieux de Xi Jinping. L’avenir de la France et de l’Europe se joue aussi là-bas.

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Auteur: Jean-Christophe Ploquin

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