Derrière ces murs au milieu des fenêtres
je me cache de vos lumières
éclats de peur
regards louches
jugements expéditifs
éternel néant exaspéré
Se peut-il qu’un territoire soit de trop ?
et ai-je le droit d’ignorer la loi si j’ai peur ?
loi de Moïse ou loi de presque tous
Je parle une langue dont j’ignore le nom
d’un côté ou de l’autre il faut respirer
l’air cherche son goût de sel
ou son grain de sable
comme un accès à la mer
un accès à dehors
à une vie possible sans la loi du tel
tel père tel fils
et tel amour du sacrifice
tel cœur pour tel cœur
et tel malheur au tel vainqueur
vivre n’est plus qu’être offensé
tous malades parce que blessés
tous blessés parce que malades
armes exhumées des westerns
armes exhumées des réserves
jardins transformés en parking
oliviers décapités
avec les vertus de l’honneur supposé
les yeux sont trop ouverts
la conscience ébahie
un parfum de cadavre heurte la frontière de nos âmes
toujours les chiffres établissent les bilans
combien d’enfants tués ?
combien d’années encore ?
combien ?
On voudrait connaître tous les patronymes
et les réciter pour mieux retenir les vivants dans la vie
que chacun soit obligé par le nom qui le désigne
obligé à protéger tous les autres
Ou rien que connaître les prénoms dans au moins deux langues,
pour retenir en vie ceux qui les portent :
Nada, qui veut dite rosée
Ânane, qui veut dire nuage
Rabab, qui veut dire nuage changeant du blanc au noir
Asma, qui veut dire sublime
Hana, qui veut dire gracieuse
Hanna, qui veut dire pitié
Tarik, qui veut dire chemin
Chahar, qui veut dire l’aube
Hicham, qui veut dire généreux
Chémèche, qui veut dire soleil
Chita, qui veut dire méthode
Tawhid, qui veut dire unicité
Chiviona, qui veut dire égalité
Nofar, qui veut dire nénuphar
Karim, qui veut dire généreux, ou clément
Dracha, qui veut dire explication
Drora, qui veut dire liberté.
Miloud, qui veut dire…
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Auteur: dev

