L’époque aime les aventuriers. En podcast, en documentaire, en bande dessinée, partout affluent les récits de leurs épopées au grand air, toujours plus lointaines, toujours plus longues, dans des conditions toujours plus extrêmes. Aventurière, Tamara Klink l’est. Mais d’un genre rafraîchissant : ce qui l’anime, raconte-t-elle, c’est moins la volonté de cumuler les exploits que de montrer que « l’abondance des ressources n’est pas la réponse ». Que la lenteur, la déconnexion et le dénuement — lorsqu’il est choisi — peuvent être un moyen de mieux « savourer » l’existence.
Plus jeune navigatrice brésilienne à avoir traversé l’océan Atlantique en solitaire, à 24 ans ; première femme à avoir passé un hiver en solitaire dans l’Arctique, après avoir volontairement laissé son bateau se faire prendre par les glaces, à 27 ans ; plus jeune femme à avoir traversé le passage du Nord-Ouest à la voile, l’année suivante… À même pas trente ans, Tamara Klink a déjà battu de jolis records.
Ils lui valent une certaine notoriété, décelable aux 700 000 personnes qui la suivent sur les réseaux sociaux. Au Brésil dont elle est originaire, son dernier livre, Bom dia, inverno [Bonjour, l’hiver, à paraître en France d’ici la fin de l’année], dans lequel elle raconte son récent hivernage au Groenland, caracole en tête des ventes.
L’arrogance ne semble pas pour autant s’être frayé une place dans sa personnalité. Sur les quais parisiens où on la retrouve, en marge d’une des conférences où elle est régulièrement invitée à raconter ses expériences en mer, elle arrive tout sourire, une doudoune corail élimée sur le dos.
« Je ne me sens pas spéciale »
À son bras, une minuscule valise, ornée d’un autocollant en forme de sardine — un clin d’œil à son bateau, Sardinha, baptisé en hommage à ce poisson très petit, mais voyageant très loin. « Je ne me…
Auteur: Hortense Chauvin

