Le porte-parole de l’Office des étrangers de l’époque parlait d’une « mort naturelle ». Trois ans après, nous rappelons qu’il n’y a rien de naturel dans ce décès. Les institutions belges ont effectivement tout intérêt à se déresponsabiliser des mort·es, des blessé·es et des agressions à l’intérieur de ces appareils répressifs et racistes que sont les centres fermés. Trois ans après nous rappelons que ce sont eux les coupables, ce sont eux les responsables.
Cela faisait plusieurs semaines que Tamazi Rasoian était détenu à Merksplas. Cet homme kurde de 38 ans avait entamé une grève de la faim pour protester contre son enfermement et son expulsion vers la Géorgie. Il avait alors été placé en isolement, pratique courante dans les centres fermés pour réprimer et briser les résistances.
Arrivé en France en 2017 après avoir fui la torture en Géorgie, Tamazi Rasoian y vivait avec sa compagne et sa fille. Il y avait obtenu le statut de réfugié en 2019, statut qui lui avait été retiré en 2020.
En décembre 2022, il s’est rendu en Belgique, où il est arrêté fin janvier 2023. Enfermé au centre fermé de Merksplas, il devait d’abord être renvoyé en France dans le cadre du règlement Dublin*. Mais la France avait refusé sa réadmission, estimant ne pas pouvoir prouver qu’il avait quitté son territoire depuis moins de six mois. L’Office des étrangers avait alors décidé de le déporter vers la Géorgie, pays où il a été victime de torture.
Le jour de son expulsion prévue, le 8 février 2023, Tamazi Rosoian a fait une tentative de suicide. Sa fille affirme qu’il était en grande souffrance et en état de détresse psychologique. Elle avait alerté son avocate sur son état, cependant aucune mesure de soin n’a été mise en place par le personnel du centre. Des codétenus affirmaient qu’il avait reçu plusieurs injections d’antipsychotiques, dont les effets secondaires cardiaques peuvent être…
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