Lors de l’ouverture du Festival de Cannes, mardi 12 mai, l’actrice féministe et pacifiste Jane Fonda a eu cette parole forte : « Le cinéma a toujours été un acte de résistance parce que nous racontons des histoires, et les histoires représentent ce qui construit une civilisation. » Dommage qu’elle ne l’ait pas prononcée sur le Blue Panda, le voilier de l’association WWF France où a été remis le 15 mai le prix Ecoprod. Le cinéma aurait pourtant bien besoin d’un encouragement pour entrer en résistance écologique, à l’écran comme dans les coulisses de la production.
Tous genres confondus, une heure de contenu cinématographique émettrait en moyenne16 tonnes de CO2e, soit l’équivalent carbone de 70 000 kilomètres effectués en voiture à essence (1,8 fois le tour de la Terre) ou l’empreinte carbone annuelle de 1,7 Français, selon Ecoprod, l’association créatrice du prix du même nom.
« Les recherches d’écoresponsabilité restent marginales »
Mais le monde du cinéma n’emprunte toujours pas d’aussi bon gré la démarche écoresponsable que le tapis rouge de la Croisette : malgré les aides techniques et financières, elle reste marginale. Parmi la centaine de films retenus pour la Sélection officielle du Festival de Cannes, seules treize équipes ont candidaté pour le prix Ecoprod, a appris Reporterre.
Créé en 2021 pour freiner cette gabegie, le prix Ecoprod met en lumière des équipes de techniciens, d’artistes, de producteurs qui se sont appliquées à réduire au mieux leur impact environnemental, en termes de transport, de décors artificiels, d’hébergement ou encore d’alimentation. Les membres du jury ne regardent d’ailleurs pas les films, ils épluchent les dossiers d’écoproduction qui ont accompagné leur fabrication. Ce qui n’empêche en rien ces long-métrages initialement retenus dans la Sélection officielle de Cannes d’être inspirants.
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Auteur: Catherine Marin

