Les événements géopolitiques récents ont montré qu’une crise pour certains peut représenter une opportunité pour d’autres. Avec des entreprises affichant des résultats exceptionnels quand d’autres ont souffert de la pandémie puis du contexte inflationniste, des appels ont été émis pour redistribuer les bénéfices des « gagnants » vers les « perdants ».
En septembre 2022, la Commission européenne a ainsi mis en place une contribution de solidarité des entreprises de combustibles fossiles, qui correspond peu ou prou à une taxe sur les superprofits. L’Observatoire fiscal de l’Union européenne (UE) a également proposé de taxer l’augmentation de la capitalisation boursière des entreprises énergétiques.
Lors de son interview télévisée, aux 13 heures de TF1 et France 2, le mercredi 22 mars, le président de la République, Emmanuel Macron a, lui, émis l’idée d’un mécanisme qui aille en direction des salariés :
« On a de grandes entreprises qui font des revenus tellement exceptionnels qu’elles en arrivent à utiliser cet argent pour racheter leurs propres actions ; je vais demander au gouvernement de travailler à une contribution exceptionnelle pour que leurs travailleurs puissent en profiter ».
Il s’agirait, selon les précisions apportées ensuite par Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, de renforcer les dispositifs d’intéressement, non pas de consolider la taxation des superprofits en l’élargissant à d’autres firmes que celles du secteur de l’énergie. Le gouvernement s’est d’ailleurs souvent montré réticent à cette proposition, craignant que de grands groupes ne partent à l’étranger bénéficier d’une fiscalité plus avantageuse.
Nos recherches suggèrent néanmoins que l’idée ne semble pas à abandonner.
Concurrence imparfaite
Notre article publié dans le Journal of Public Economic Theory, étudie les gains et les pertes encourues lors de la…
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Auteur: Rodolphe Desbordes, Professeur d’Economie, SKEMA Business School

