Teenage Sex and Death at Camp Miasma de Jane Schoenbrun sort ce mercredi 17 septembre en salles, avec une exploitation très limitée, bien que le film ait été largement remarqué dans les festivals (il a notamment obtenu la Queer Palm). Teenage Sex and Death at Camp Miasma, qui raconte l’histoire d’une réalisatrice queer chargée de relancer une franchise slasher culte avec l’actrice recluse qui incarnait la « final girl » du film original, s’inscrit dans une vague de films d’horreur très méta (et assez intellos) – c’est-à-dire des oeuvres qui parlent d’elles-mêmes, du genre, qui interrogent le rapport du spectateur à ces films, aux représentations produites ainsi qu’aux manières de les subvertir, ici de manière très politique. Le résultat est un film beau, intelligent, ludique, drôle, porté par deux actrices extraordinaires (Hannah Einbinder et Gillian Anderson)
On l’expliquait à propos d’Insidious 2 (James Wan, 2013) dans notre dossier consacré à James Wan : le cinéma d’horreur américain hérite d’une longue tradition réactionnaire concernant les personnes trans. En effet, le cinéma d’horreur a bien souvent associé la transgression des normes de genre à la monstruosité, à la folie et à la violence meurtrière (Psychose, Sleepaway Camp, Pulsions…). Le masculin féminisé y est une figure inquiétante.
Réalisé par une personne non-binaire, ce qui est encore suffisamment rare pour être notifié, Teenage Sex and Death at Camp Miasma tente de travailler en profondeur ce motif. Ici, on le comprend progressivement, le tueur de la franchise, Little Death (une référence à “la petite mort” – une expression française pour l’orgasme) est une personne trans assassinée qui surgit du lac pour massacrer des campeurs, dans une scène cathartique et assez incroyable. L’eau du lac s’ouvre pour faire surgir Little Death et quelque chose dans le rythme du…
Auteur: Rob Grams
