Dans l’eau, les sols, les légumes, les œufs et même dans l’air… La photographie de la contamination qui touche Rumilly (Haute-Savoie), terre historique du fabricant de poêles antiadhésives Tefal, se précise. Des études confirment l’omniprésence du PFOA — un PFAS cancérogène — sur le territoire, à des niveaux qui dépassent, par endroits, les seuils sanitaires. Les résultats, préoccupants, ont fait réagir l’État et les collectivités locales.
Il y a quatre ans, les habitants ont découvert que leur eau potable est polluée au PFOA. En janvier 2025, des enquêtes de Reporterre et du magazine Complément d’enquête de France 2 ont révélé comment l’enfouissement, par Tefal, de déchets contaminés aux PFAS avait pu contribuer à la pollution d’ampleur qui touche Rumilly. Mais pour quels risques sanitaires pour les habitants ? Les données — encore partielles de l’époque — ont depuis été considérablement renforcées par une batterie d’études que Reporterre a épluchées.
Potagers contaminés
Pour mieux connaître la contamination de son environnement, la population de Rumilly dispose désormais de trois études dites d’« interprétation de l’état des milieux » (IEM). Elles ont été réalisées entre 2024 et 2025. Elles donnent les concentrations de polluants dans l’environnement et évaluent si cela présente un risque pour la santé.
Trois foyers de contamination aux PFAS ont fait l’objet de telles investigations, à la demande de la préfecture. Deux études portent sur les décharges communales de Broise et des Granges — dans lesquelles des déchets de Tefal ont été enfouis dans les années 1970 et 1980. Celles-ci ont été réalisées par les collectivités, responsables de ces sites. L’industriel, lui, s’est chargé de la troisième étude portant sur le quartier des Grangettes, localisé en contrebas de l’usine, au-dessus d’une nappe phréatique très imprégnée au
Auteur: Hugo Coignard, Nicolas Cossic

