Elles et ils s’en remettent désormais au ciel. À Téhéran, les habitants prient pour que la pluie revienne. Selon les autorités locales, les précipitations n’ont jamais été aussi faibles depuis un siècle. Alors que la moyenne annuelle sur 1991-2020 atteignait 220 millimètres, la dernière année hydrologique (entre septembre 2024 et août 2025) n’a apporté que 144 millimètres d’eau à la capitale iranienne.
Depuis le début de l’automne, c’est encore pire : les précipitations ont chuté de 96 % depuis fin septembre à Téhéran, où il n’est tombé qu’un seul millimètre de pluie. Résultat, les cinq barrages qui alimentent la métropole sont en grave déficit hydrique, oscillant entre 32 % et… 1 % de leur capacité.
Face à l’urgence, les autorités ont décidé de rationner l’eau dans la capitale. Le président Massoud Pezeshkian a averti le 6 novembre que si les pluies ne reprenaient pas d’ici décembre, il faudra même peut-être évacuer Téhéran.
« La réalité est que nous n’avons pas le choix. [Ce transfert] est une nécessité. Nous ne pouvons pas surcharger cette région avec davantage de population et de constructions », a-t-il insisté.
Croissance fulgurante de Téhéran
« L’idée d’un déménagement de la capitale n’est pas nouvelle, elle revient régulièrement depuis 1989 dans le discours des dirigeants iraniens », rappelle Jonathan Piron, historien spécialiste de l’Iran. Cette crise hydrique, elle aussi, s’inscrit dans un temps long et résulte d’une dégradation continue des ressources liée à plusieurs facteurs, selon le chercheur.
« L’Iran est un pays aride avec des cycles de sécheresse historiquement espacés. Avec le dérèglement climatique, les épisodes de sécheresse se rapprochent de plus en plus et ne laissent plus le temps aux ressources hydriques de se reconstituer. »
Le changement climatique n’explique pas tout : la mauvaise gestion de…
Auteur: Jeanne Cassard

