David Berrué est militant écologiste dans les Pyrénées-Orientales.
En Pyrénées catalanes, une course contre la montre s’est engagée pour sauver l’économie du ski des effets du dérèglement climatique. Du côté de Camprodon, c’est la construction d’un téléphérique « quatre saisons » qui doit mener la station de Vallter à retrouver une rentabilité que la seule période hivernale ne garantit plus. Aux Angles, c’est celle d’un lac artificiel destiné à sécuriser la production de neige de culture pour les trois prochaines décennies.
Deux chantiers réalisés au nom du maintien de l’emploi montagnard. Mais également justifiés par leurs bienfaits supposés en faveur de l’environnement, de la biodiversité, de la résilience des territoires. Le monde à l’envers. Et, pour les collectifs et associations écologistes, une guerre des récits de chaque instant.
Démolition au bulldozer
Le téléphérique de Vallter est un cas d’école. Cette infrastructure prévoit l’acheminement de 2 000 personnes par heure, 16 000 par jour, à une altitude de 2 500 m. Beau panorama, offre de restauration et aménagements ludiques — les inévitables luges sur rail, tyrolienne géante, pistes de descente en kart ou à vélo — doivent y séduire une clientèle espérée nombreuse, tout au long de l’année.
Se pose, bien sûr, le problème de l’érosion des crêtes. Celui du piétinement, massif, de pelouses d’altitude évidemment vulnérables. Celui de la divagation, redoutée par les naturalistes, du public au sein de parcs et de réserves naturelles protégées — et jusqu’ici notamment protégées du fait de leur difficulté d’accès. N’est-ce pas un moindre prix à payer, veulent croire les partisans du projet, au regard des parkings qui seront relocalisés un peu plus bas dans la vallée, des remontées mécaniques obsolètes bientôt démontées et des quelques espaces ainsi renaturalisés ?
Même…
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