Alors qu’Amazon annonce le retour général au bureau de son personnel administratif, la fin du télétravail n’est-elle pas la solution d’un problème mal posé ?
Le « retour au bureau » voilà un débat auquel vous n’avez sans doute pas échappé après que la pandémie a généralisé la pratique du télétravail. Selon une publication du New York Times, le sigle « return to office » serait désormais une entrée du dictionnaire en ligne Webster, signe durable d’une controverse qui aura mobilisé, entre autres, les grandes entreprises de la Tech.
Un survol rapide de la presse internationale ne laisse aucun doute sur le fait que ce que l’on a pris l’habitude de désigner par l’étiquette « travail hybride » reste un objet social controversé. D’un côté des salariés soucieux de préserver leurs acquis : le confort d’alléger les trajets domicile-travail, l’équilibre, toujours fragile, entre vie professionnelle et vie privée. De l’autre, des dirigeants préoccupés par la perte d’une cohésion difficile à définir – ce « je ne sais quoi » qui apporte de la valeur, cet inattendu qui peut advenir lorsqu’une équipe est rassemblée dans la même pièce, cette unité culturelle, aujourd’hui fragilisée. Le problème, comme la solution, ne se limite encore souvent qu’à la (re)définition d’une répartition heureuse ou optimale des jours de présence ou d’absence sur site.
L’actualité de cette controverse invite à réouvrir les termes du débat. Que signifie être présent à l’ère de la digitalisation ? La co-présence se limite-t-elle à la présence co-localisée, c’est-à-dire au fait de partager le même espace en même temps ? Quelle est précisément la demande qu’adressent les directions aux salariés ? En quoi les prises de position autour du travail hybride révèlent-elles un malaise profond, une demande de sens, bien antérieurs à la pandémie ?
« Travail…
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Auteur: Maria Ianeva, Maître de conférences en Psychologie du travail, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

