Marais poitevin, reportage
« J’avais un cheptel de 400 brebis et environ 200 bovins. Et puis, le 28 février 2010, j’ai tout perdu. » Jean-Paul Rault se remémore le jour où la tempête Xynthia a frappé avec toute sa force sa ferme, située en Vendée à l’embouchure de la Sèvre niortaise, l’axe fluvial principal qui traverse le Marais poitevin. « L’eau a atteint 1,80 mètre dans la maison. Elle y est restée pendant 10 jours et environ 3 semaines sur l’exploitation. » Les bovins qui ont survécu, environ 150, ont gardé des traces du traumatisme : « Les vaches ont eu du mal à se reproduire », se souvient le polyculteur-éleveur. Sa ferme de la Prée Mizottière, située dans la baie de l’Aiguillon, est une propriété du Conservatoire du littoral.
L’élan de solidarité qui a suivi, venu de toute la France, le touche encore : « Pendant un mois, il y avait du monde sur la ferme pour assurer le nettoyage. J’ai un classeur rempli de courriers, parfois avec des chèques. On a vu remonter des camions de foin de la Loire, des Ardennes. »
Cette nuit du 27 au 28 février 2010, personne dans la région ne l’a oubliée. Xynthia, une dépression météorologique accompagnée de vents violents et un coefficient de marée élevé (102), a balayé la façade atlantique de la France. 47 personnes ont perdu la vie, dont 35 en Vendée et 12 en Charente-Maritime. L’eau s’est engouffrée dans les brèches, elle a surmonté les digues et est remontée une dizaine de kilomètres à l’intérieur des terres, où elle a stagné pendant plusieurs jours.
Face à l’ampleur des dégâts, plus de 2 milliards d’euros, la tempête a eu un effet catalyseur dans l’adaptation du Marais poitevin aux événements extrêmes et à l’élévation du niveau marin. L’État, à travers le fonds Barnier, a racheté les maisons situées en « zone noire » et les a rasées au sol. En parallèle, les Programmes d’actions…
Auteur: Daniel Peyronel, Quentin Hulo

