Que fait à nos existences l’IA et qu’arrive-t-il à notre intelligence quand l’IA devient générative ? Que provoquent les automates numériques, computationnels et conversationnels que nous comprenons mal et qui peuvent nous altérer pour le pire ? Marie José Mondzain s’est lancée sans naïveté dans une expérience aussi ludique que troublante, un « monologue à deux voix » avec ChatGPT qui n’a rien à voir avec le fameux chat du Cheshire. Elle y a joué en vertu d’une fiction qui, parant au piège narcissique du fantasme, est la construction d’un rapport de vérité avec une machine sans monde et indifférente à toute vérité, et peut-être même programmée pour l’abolir pour le bénéfice des maîtres actuels du monde. L’hybridation à laquelle son expérimentation l’aura conduite met à l’épreuve, dans le risque toujours encouru de l’aliénation et la fétichisation, que l’égale intelligence de n’importe est ce qui peut et doit survivre à l’appareillage généralisé du capitalisme. En faisant de nos cerveaux un champ d’extraction, celui-ci en effet reconduit à sa disposition d’origine : exploiter et coloniser, génocidaire jusqu’à l’écocide.
« Alpha-60 : Vous avez l’air d’avoir peur.
Lemmy Caution : Non je n’ai pas peur,
enfin, pas comme vous croyez.
D’ailleurs, vous n’en savez rien. »
(Jean-Luc Godard, Alphaville, 1965)
« The kind people
Have a wonderful dream
Margaret On The Guillotine
Cause people like you
Make me feel so tired
When will you die ? »
(Morrissey, « Margaret on the Guillotine », Viva Hate, 1988)
Retour à Alphaville (acéphale on est mal)
On lit Peine Kapital, ce « monologue à deux voix » au cours duquel une philosophe des images qui selon elle désignent des opérations et des relations, des gestes de liaison et de déliaison dans le régime de la visibilité au nom d’une invisibilité à laquelle elles font signe dans la construction…
Auteur: dev

