On doit savoir que si la Russie n’a pas été intégrée dans l’Occident ce n’est pas uniquement à cause de l’arrogance occidentale et de la surestimation de leurs forces par les élites occidentales, de leurs moyens. La Russie n’a pas non plus été « vaincue » en 1991, contrairement à ce que dictait le sentiment d’’autosatisfaction aux dirigeants des pays occidentaux égocentrés de l’époque, car la classe dirigeante soviétique a « librement » décidé de dissoudre le communisme et l’URSS pour des raisons d’intérêts de classe …mal perçus.
Mais ce « mépris » pour la Russie a été et reste surtout dû au fait que le capitalisme avait besoin en Russie et dans toute l’Eurasie d’un marché captif et passif, mais certainement pas d’un partenaire, car un partenaire cela voudrait dire un concurrent de plus au sein du système unipolaire, un conflit intra-impérialiste de plus. Les USA peuvent accepter des petits chienchiens bien dressés et avec de petites arrière cours néocoloniales comme l’Angleterre, la France, la RFA depuis sa réunification, car ces pays sont pénétrés depuis 1945 par des agents d’influence US, soft ou hard, sans parler des autres petits pays européens, mais ne serait-ce que par sa taille, la Russie ne pouvait être réduite à un chienchien, donc il était illusoire d’envisager son intégration dans le capitalisme/impérialisme unipolaire.
C’est pour cela que Brzezinski militait ouvertement pour que la Russie survivante soit cassée en quatre ou cinq Etats. Mais bien sûr à cette époque les élites russes et post-communistes, passées du matérialisme à l’idéalisme, Poutine compris, n’ont pu le comprendre tout de suite, et se sont laissées avoir …sauf les gros capitalistes russes (dits « oligarques ») qui, eux, ont pu placer les produits de leur pillage intérieur dans les « paradis fiscaux » sous protection du gendarme OTAN. Le parti pro-otan existe toujours à la cour du Kremlin, en particulier l’inamovible présidence de la banque nationale et plusieurs ministères économiques en conflit permanent avec les « ministères de force », les « siloviki », les diplomates russes navigant entre les deux.
Dans ce contexte, si la bourgeoisie compradore russe a poursuivi et poursuit jusqu’à aujourd’hui, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’appareil gouvernemental russe, sa stratégie de ramener la Russie à l’état de chienchien néo-eltsinien, la bourgeoisie nationale russe (voir « les contradictions au sein du peuple » de Mao Zedong), elle, a compris que la Russie devait…
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Auteur: Bruno DRWESKI Le grand soir

