La hausse des hospitalisations d’adolescentes et de jeunes femmes pour tentatives de suicide ou automutilations s’est poursuivie en 2025, première année où la santé mentale a été érigée en « grande cause nationale », selon des données publiées lundi 11 mai par le service statistique des ministères sociaux (Drees).
Un peu plus de 84 000 personnes âgées de 10 ans ou plus ont été hospitalisées au moins une fois en 2025 pour un geste auto-infligé contre près de 82 000 en 2024, et près des deux tiers (64 %) étaient des femmes, précise la Drees. Cela recouvre le nombre de tentatives de suicide et d’automutilations non suicidaires (scarifications, brûlures, coups contre un mur…) mais cela n’inclut pas les passages aux urgences sans hospitalisation, ni les hospitalisations en psychiatrie, en soins de suite ou à domicile.
Rapporté à la population, cela correspond à un taux de 170 pour 100 000 femmes et de 101 pour 100 000 hommes, en hausse de 2 % en 2025 sur un an dans les deux cas. Mais les évolutions globales masquent des « tendances très contrastées selon les âges et les sexes », observe la Drees, et « l’augmentation du nombre total des hospitalisations est largement attribuable aux jeunes filles (10-19 ans) et jeunes femmes de moins de 30 ans ».
Les jeunes filles touchées dès 10 ans
Très forte entre 2020 et 2021 (+ 56 %), puis entre 2023 et 2024 (+ 16 %), la progression du taux de patientes de 10 à 19 ans hospitalisées s’est poursuivie dans une moindre proportion entre 2024 et 2025 (+ 4 %). À 482 pour 100 000 en 2025, ce taux est le plus élevé de toutes les tranches d’âge et des sexes et a quasiment doublé par rapport à la moyenne de celui des années 2012-2019.
« Cela fait écho aux publications sur la dégradation de la santé mentale au sein de cette population depuis le milieu des années 2010, accentuée par la crise sanitaire de 2020 »…
Auteur: La Croix (avec AFP)

