Tenus en liesse !

« Les gens sautaient sur place et criaient de toutes leurs forces (…) Naturellement, il chantait avec les autres. Il était impossible de faire autrement. »
George Orwell, 1984.

Certains récits des années noires du Stalinisme nous racontent qu’à la fin des discours du « Guide suprême » les applaudissements duraient à n’en plus finir, chacun ayant peur d’être repéré comme dissident potentiel s’il cessait d’applaudir avant les autres. La menace de finir au Goulag ou d’une balle dans la nuque suffisait largement à expliquer ce comportement prudent. Dans l’Allemagne nazie, c’est le manque de promptitude à faire le salut hitlérien qui pouvait causer de graves ennuis. Dans notre société se flattant d’être loin de tout totalitarisme c’est plus subtilement que se manifeste l’« étouffement délibéré de la conscience » qu’Orwell avait diagnostiqué dans ce stakhanovisme de la soumission. Les foules qui, aujourd’hui, s’éclatent dans d’hystériques ovations applaudissant les shows du grand bastringue charlatanesque, le font sans rien qui semble les y contraindre, de leur propre élan « libre ». C’est à dire que, sans les forcer, on a sû habilement les y mener, leur faire désirer d’être escroqués. C’est une victoire de la société du spectacle que cette adhésion hypnotique de bon nombre de ses ilotes à ce qui sert à les tenir dans leur condition de rouages de la machine.

C’est d’eux même, et avec une stupéfiante avidité, que les clients des modernes jeux du cirque viennent se parquer dans ces « fan-zones » quadrillées par les milices « sécuritaires », où les caméras remplacent les miradors, et où ils ne peuvent qu’hurler névrotiquement leur adulation des gladiateurs du « sport » réduit à n’être que de compétition.

Ces « supporters » entérinent ainsi la réduction de leur personne à un rôle de consommateur vivant par procuration en se gavant de ces marchandises que sont les exploits sportifs tapageusement…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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