Madrid (Espagne), correspondance
Alors qu’une canicule historique touche la France et que le débat sur les conditions de travail a été relancé après la mort d’un jeune ouvrier en pleine vague de chaleur le mois dernier, en Espagne des mesures existent déjà depuis des années pour protéger les travailleurs et travailleuses de la chaleur. À tel point que pour affronter la fournaise, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a récemment évoqué le modèle d’adaptation espagnol, estimant qu’il faudra « peut-être, à terme, faire comme les Andalous ».
La journée de travail intensive, « jornada intensiva » en espagnol, permet par exemple aux travailleurs de pouvoir débuter et terminer plus tôt leur journée de travail en ne prenant pas de pause prolongée. La journée commence généralement vers 7 ou 8 heures le matin pour se terminer vers 14 ou 15 heures.
« Ça devenait de plus en plus intenable, on avait souvent des vertiges et un employé s’est même un jour évanoui », se rappelle Jonathan Urbina González, un jardinier qui entretient les espaces verts dans la ville de Madrid. Cela fait maintenant plus d’une dizaine d’années que ses horaires de travail sont adaptés de début mai à la mi-septembre.
Cette mesure, qui permet d’éviter de travailler aux heures les plus chaudes de la journée, n’est pas encadrée par une loi, mais repose plutôt sur des accords individuels au sein de chaque entreprise. « Ça a été très facile de conclure cet accord avec l’entreprise, elle a tout de suite compris les risques. Au final, cela n’a pas beaucoup d’impacts [sur le travail], on décale seulement de quelques heures les horaires pour se protéger », explique l’homme de 38 ans, ajoutant que les espaces sans ombre sont aussi traités en priorité le matin.
Travail adapté, auvents et…
Auteur: Romain Chauvet

