Terminus du néolibéralisme ou terminus de la démocratie

Abel Faivre. — « Coup d’oeil général sur la fin du monde », entre 1908 et 1916.

En avril 2007, Buttonwood, la chronique « marchés » de The Economist, titre : « Signs of the beast ». La Bête, c’est la crise des subprimes, dont il enregistre déjà les prodromes. Mais cette bête-là est à peine un surmulot. À côté de celle qui s’annonce. À ce stade, ça n’est plus une crise — même scélérate. C’est le Grand Alignement : un événement multifactoriel, isotrope (ça vient de tous les côtés), saturant, et surtout coordonné : toutes les dynamiques se potentialisent mutuellement, dans une synchronie de crise hors norme. Un événement d’une magnitude à mettre la perpétuation du capitalisme néolibéral sur la table.

Crise énergétique, crise alimentaire

On était resté perplexe de ce qu’avec une « évaporation » équivalente aux chocs de 1973, 1979 et 2022 (Ukraine) combinés, les prix du pétrole étaient d’abord restés « raisonnablement » autour des 100 dollars le baril. On découvrit un peu plus tard que la SPR (Strategic Petroleum Reserve) étasunienne avait été intensément mobilisée — moyennant quoi la voilà à son plus bas historique. Et que la Chine avait pris toute sa part de l’ajustement en réduisant massivement ses propres importations de pétrole du Golfe pour faire de la place à ses partenaires régionaux. Deux jolies cartouches, mais sans suite. Maintenant ça va taper.

Après Ormuz, Bab Al-Mandeb est fermé. Le pipeline est-ouest d’Arabie saoudite est hors d’usage après les attaques houthistes. L’Arabie saoudite a d’ores et déjà annulé toutes ses livraisons de brut à destination de l’Europe pour le mois à venir. On lit des choses tout à fait étranges, comme : « Aramco traque le fuel en Méditerranée ». Aramco. La compagnie pétrolière saoudienne. Qui exploite le plus gros gisement du monde. Et donc : cherche à se procurer du…

La suite est à lire sur: blog.mondediplo.net
Auteur: Frédéric Lordon