Que faire de nos corps après la mort ? Faut-il les brûler, les enterrer… ou les laisser se décomposer naturellement ? Une équipe du CNRS explore cette troisième voie, écologique jusque dans l’au-delà : la terramation.
En ce mois de juillet 2026, sous une canicule de 37 °C, une curieuse équipe travaille en plein soleil, à proximité du cimetière municipal des Ulis (Essonne). Là, sur un terrain vague bordé de déchets végétaux, une dizaine de personnes en combinaison de peintre en bâtiment (autant des scientifiques que des membres de l’association Humo Sapiens) retire de la terre à la truelle. En une semaine, l’équipe en excave 10m3. Et que trouve-t-elle sous terre ? Un trésor pour le moins atypique : des carcasses de brebis…
Rembobinons. Le 26 juin 2025, dans le cadre d’un projet de recherche participative, l’entomologiste Damien Charabidzé obtient l’autorisation du cimetière ulissien d’utiliser le terrain jouxtant le repos des morts pour une expérience scientifique inédite. Avec son équipe, il enterre dans huit fosses distinctes des carcasses de brebis, d’environ 35 kg. Dans un cas, elles sont inhumées à nu, en pleine terre ; dans l’autre, on les recouvre de broyat végétal. Objectif de l’expérience : tester un protocole de terramation, une technique autorisée en Amérique du Nord, mais encore émergente en Europe.
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