Les techniques issues de la tradition militaire de « contre-insurrection » et d’action psychologique sont largement banalisées, dans la police comment dans le management d’entreprise. Retour sur l’histoire coloniale d’une spécialité française avec l’invité de ce 56e épisode de La Grande H., l’historien Jérémy Rubenstein, qui a publié au éditions La Découverte un livre intitulé Terreur et séduction. Une histoire de la doctrine de la « guerre contre-révolutionnaire ».
Sommes-nous beaucoup à savoir que le général Paul Aussaresses, qui de son propre aveu participa aux tortures systématiques et notamment à l’assassinat du jeune partisan de l’indépendance algérienne Maurice Audin lors de la grande répression d’Alger en 1957, enseigna ensuite le savoir-faire français en matière de « guerre contre-insurectionnelle » aux Etats-Unis, puis au Brésil pendant la dictature militaire ? Sait-on que le pionnier de la communication du CNPF (le Centre national du patronat français) Michel Frois, qui fut à l’origine de l’adoption du nom plus séduisant de MEDEF (Mouvement des entreprises de France), fut aussi le créateur du SIRPA (Service d’informations et de relations publiques des armées) après s’être familiarisé avec l’action psychologique dans l’armée française pendant la guerre d’Indochine, en cotoyant les théoriciens et praticiens de la guerre contre-insurrectionnelle ?
L’invité du 56e épisode de La Grande H., l’historien Jérémy Rubenstein, a publié au éditions La Découverte un livre intitulé Terreur et séduction. Une histoire de la doctrine de la « guerre contre-révolutionnaire ». Dans cet ouvrage, qu’a suscité le grand éditeur François Gèze (1948-2023), Jérémy Rubenstein revient d’abord sur la genèse des techniques contre-insurrectionnelles dans les armées coloniales du XIXe siècle – principalement française et britannique – savoir-faire répressif qui a permis l’émergence de la DGR (« doctrine…
Auteur: Le Média

