Santé mentale défaillante, radicalisation sur les réseaux sociaux, sentiment d’injustice… Des individus isolés ont multiplié les attentats ces dernières décennies, faisant de nombreuses victimes. Comment répondre et parvenir à endiguer cette menace ?
Les attentats à motivation politique, perpétrés par des individus isolés, sans affiliation directe avec un groupe terroriste, sont devenus plus fréquents en Europe au cours des dernières décennies.
L’une des formes les plus courantes et les plus dévastatrices de violence commises par des acteurs solitaires consiste à foncer dans la foule. En 2016, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a utilisé cette méthode pour tuer 86 personnes à Nice. En 2011, Anders Breivik a fait exploser une bombe dans le centre d’Oslo avant de commettre une fusillade de masse sur l’île d’Utøya, faisant 77 morts. Toutes les attaques menées par des acteurs isolés ne sont pas aussi meurtrières ou aveugles. Certaines visent des personnes précises, comme l’ont montré les assassinats de l’homme politique allemand Walter Lübcke en 2019 et du député britannique David Amess en 2021.
Le terrorisme des acteurs solitaires – également appelés « loups solitaires » – pose un défi de taille aux États européens. Les outils traditionnels de lutte contre le terrorisme conçus pour des groupes organisés comme Al-Qaida, l’État islamique ou l’organisation terroriste indépendantiste basque ETA sont beaucoup moins efficaces contre des individus agissants seuls. Si les complots d’acteurs solitaires sont généralement moins complexes, ils peuvent néanmoins causer des dommages importants.
Nous avons également constaté que les attaques perpétrées par des acteurs isolés peuvent avoir des répercussions considérables. L’indignation publique qui en résulte peut intensifier les débats sur des questions litigieuses telles que l’immigration et, en fin de compte, renforcer le soutien aux…
Auteur: Diego Muro, Senior Lecturer in International Relations, University of St Andrews

