Les élections législatives tenues le 14 mai dernier ont marqué un tournant dans l’histoire moderne de la Thaïlande. La victoire est revenue au parti progressiste de la jeune génération, Phak Kao Klai, souvent désigné sous son nom anglais Move Forward (Aller de l’avant), qui a obtenu 151 sièges sur les 500 que compte l’Assemblée législative, chambre basse du Parlement bicaméral du pays.
Le scrutin aura été une déconvenue pour Pheu Thai (Pour les Thaïlandais), l’autre grand parti d’opposition, fondé par l’ancien premier ministre Thaksin Shinawatra, en exil depuis quinze ans et qui espérait pouvoir revenir au pays suite à ces élections. Pheu Thai, qui annonçait depuis le début de la campagne qu’il remporterait une victoire écrasante, est finalement arrivé en deuxième position, avec 141 sièges.
Les autres grands perdants de ces élections sont les partis conservateurs, monarchistes et militaristes. Associés au pouvoir militaire en place depuis le coup d’État de 2014, ils n’ont pas su séduire l’électorat. Ils avaient notamment basé leur communication sur un argument qui ne semble plus fonctionner chez les électeurs : il faut protéger la nation, la religion et le roi, plus que la démocratie.
Le peuple s’est exprimé : il souhaite la fin de l’hégémonie des militaires sur la politique thaïlandaise. Mais le régime sortant est-il prêt à l’entendre et à céder les rênes du pays ?
Hier comme aujourd’hui, une armée omniprésente dans le jeu politique
Dans les semaines qui ont précédé les élections, de nombreuses informations ont circulé concernant la possible dissolution des partis Move Forward et Pheu Thai, pour divers prétextes – parts dans des sociétés privées détenues par leurs dirigeants, supposés achats de votes, affiches non conformes…
En outre, il est également envisageable, même à ce stade, que les élections soient annulées par la Commission électorale, pour…
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Auteur: Alexandra Colombier, Spécialiste des médias en Thaïlande, Université Le Havre Normandie

