« The Brutalist » et « Megalopolis » : quand le cinéma réinvente l’architecte, du génie à la folie

Dans « The Brutalist », Adrian Brody incarne un architecte rongé par son projet. Lol Crawley / A24

Acclamé par la critique, The Brutalist de Brady Corbet est pressenti pour briller aux BAFTA et aux oscars 2025. L’occasion pour Mehdi Achouche, maître de conférences en cinéma anglophone, de nous guider dans les méandres des utopies architecturales sur grand écran, revisitant au passage des œuvres telles que Megalopolis de Francis Ford Coppola et Le Rebelle de King Vidor.


Le dernier paragraphe de l’article contient un spoiler du film The Brutalist

Les architectes n’ont jamais été des héros très prisés par le cinéma, qui n’a que rarement trouvé en eux des personnages dignes d’être explorés. C’est pourtant ce que tentent de faire, chacun à leur manière, Megalopolis de Francis Ford Coppola et The Brutalist de Brady Corbet, qui tous les deux mettent en scène et en jeu la figure prométhéenne de l’architecte. C’est-à-dire celui à même d’utiliser ses connaissances techniques et des matériaux novateurs pour radicalement transformer la société et faire advenir un monde meilleur. Cependant, les deux films divergent dans leurs conclusions sur les motivations et les capacités de l’architecte comme agent de transformation sociale.

Brutalisme et modernisme pour reconstruire le monde

Le rêve de révolution sociale a longtemps été porté par l’architecture moderniste et brutaliste. Les architectes de cette sensibilité (tout comme leurs prédécesseurs utopistes du XIXe siècle) ont longtemps été convaincus que des valeurs purement scientifiques (par opposition à des considérations esthétiques jugées passéistes) et de nouveaux matériaux (l’acier et le béton notamment) leur permettraient de mettre sur pied une architecture – et par extension un urbanisme – rationnelle qui modifierait en profondeur les relations sociales. Après les destructions de la Deuxième guerre mondiale, ils ont le champ libre pour…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Mehdi Achouche, Maître de conférences en cinéma anglophone et études américaines, Université Sorbonne Paris Nord

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