L’industrie chimique des années 1940
Depuis le milieu des années 1940, une guerre contre un vivant qui ne serait pas désirable, prendrait trop de place, ne se laisserait pas dompter, a été déclarée. On dénombre à cette époque plus de 200 produits imaginés pour tuer ce que certains appellent « les nuisibles ».
Les États-Unis prennent leur essor. D’un côté, la classe moyenne croît, le pays s’enrichit et, de l’autre, c’est « silence, on tourne ». Le chant des oiseaux s’éteint, les rivières se tarissent, et les écosystèmes s’intoxiquent de produits chimiques. L’enrichissement a un prix et c’est la nature qui a été choisie pour payer les frais.
Sous le cataclysme capitaliste qui engendre des atrocités comme la guerre au Cambodge ou les catastrophes pétrolières, certains sont pris d’envie de révolte, de prendre les choses en main, d’avoir leur mot à dire. On commence à entendre frémir les balbutiements du « C’est le vivant qui se défend ».
Un renard contre l’industrie chimique
Le terme d’écosabotage est clivant. Il invite à « désarmer » ce qui nous tue, et à mettre du sable dans l’engrenage pour stopper la destruction du vivant. C’est ainsi que débuta le combat de James Phillips, aka Mr Fox (1930-1999).
Ce citoyen « classique », professeur de biologie, vivait dans les alentours de Chicago et aimait profondément la nature. Il avait pour habitude d’embarquer sur son canoë pour vagabonder sur la rivière Fox, dont il emprunta le nom.
Durant l’une de ses navigations, il fut pris d’un sentiment d’incompréhension qui se transforma en tristesse puis en rage infinie lorsqu’il se retrouva au centre d’un ballet funèbre : animaux à branchies, têtards, canards, amphibiens gisaient dans un cimetière flottant parsemé de morceaux de savon.
« Flottant la tête en bas, leurs pattes orange mortellement détendues, se trouvaient une mère colvert et tous ses canetons. Le choc d’un…
Auteur: Liza Tourman

