« The Mastermind », Apocalypse now

Mooney (Josh O’Connor) est ce qu’on peut appeler un glandeur. Bien que l’action se déroule en 1970 aux États-Unis, dans une banlieue du Massachusetts, il n’a rien d’un hippie. Il a une femme (Alana Haim), qui a un travail, une fille et un fils. Mooney est issu d’un milieu aisé : son père est un juge réputé, sa mère n’a jamais rechigné à l’aider financièrement. Mais il arrive un moment où même les fils à papa doivent se secouer. 

Quelles sont ses compétences ? Dans une séquence inaugurale, on le voit visiter un musée. Ni vu ni connu, il subtilise une figurine exposée en guise de mini-répétition (ou, pour le spectateur, de signe avant-coureur) : il prépare en effet un coup dans ce même musée avec quelques complices. Et les voilà en action avec leur bas sur le visage et leur réaction de voleurs amateurs quand ils sont découverts en train de décrocher des tableaux par des lycéennes.

Le neuvième long métrage de cette grande du cinéma indépendant états-unien qu’est Kelly Reichardt , commence sur un ton inhabituel chez elle : le burlesque. Ce ton de comédie de série B n’a rien d’un hasard mais ne s’inscrit pas forcément dans la revisitation d’un genre – le film de casse traditionnel –, comme le dit le dossier de presse. En vérité, le vol en lui-même est anecdotique, ce qu’il révèle et déclenche est l’essentiel. C’est pourquoi il est traité sur ce mode, qui atteste la médiocrité des talents de « cerveau » (mastermind en anglais) de Mooney.

Une corde à son arc malgré tout : Mooney est un amateur d’art. On le voit, seul chez lui, prendre le temps d’admirer les tableaux dérobés. Et pas n’importe lesquels. On apprendra plus tard que son

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Auteur: Christophe Kantcheff

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