Avec The Social Network (2010) David Fincher avait réussi à faire ce qu’Aaron Sorkin (pourtant scénariste du premier) n’a pas su avec son Social Reckoning, à savoir : faire un film fascinant sur un sujet chiant comme la mort (chiant comme Zuckerberg).
Mou sur la forme…
Ce qui frappe tout de suite par rapport à son aîné, The Social Network, c’est que The Social Reckoning est un film sans aucune espèce d’inventivité : c’est didactique à mort, c’est “bavard”, non pas en ce que filmer la parole serait un problème mais en ce qu’elle ne sert ici qu’à ce qu’elle dit, c’est-à-dire à donner des informations. C’est un peu comme si on vous lisait un article, en gros.
La présence d’acteurs talentueux, notamment Mikey Madison révélée grâce à Anora, n’atténue pas le fait que ceux-là doivent se débattre avec des personnages sans personnalité, qui ne sont que des figures. Aucun cliché nous est vraiment épargné : de la musique lourdingue qui souligne un discours lui-même lourdingue, jusqu’aux pénibles panneaux explicatifs de fin. Finalement Aaron Sorkin est peut-être davantage nostalgique du “film de journalisme” que du journalisme à proprement parler – un genre en lui-même souvent assez rebutant. Même pris dans cette catégorie, The Social Reckoning fait moins bien sur la forme comme sur le fond que ses prédécesseurs contemporains (The Big Short d’Adam McKay, The Laundromat de Steven Soderbergh…), déjà pas franchement des prouesses cinématographiques, mais des incarnations un peu plus cohérentes de ce cinéma pédagogique « de gauche »
…mou sur le fond
Prenons donc plutôt le film pour ce qu’il est, non pas une œuvre d’art, à peine un divertissement (c’est ennuyeux), mais une sorte de présentation, de discours, qui entend nous “apprendre des trucs”. La grande révélation du film c’est que, sur Facebook, les…
Auteur: Rob Grams
