Un procès des politiques migratoires ? Un manifeste No Border ? Une assemblée porteuse d’utopies ? Comment déjouer l’impunité ? Et quels témoins pour nous mettre face à nos responsabilités ? Dispak Dispac’h est, d’abord et avant tout, une invitation à la rencontre et à l’écoute. Une attention à la condition des personnes exilées. La création d’un espace d’accueil et de partage. Un espace de résistance et de réanimation sensible.
« Dispak, en breton, signfie « ouvert », « déplié », « défait » ; Dispac’h, « agitation », « révolution », « révolte ».
J’avais aussi pensé appeler ce projet Digor Kalon, qui veut dire « ouvrir son cœur » en breton.
Digor, « ouvert ».
Kalon, en grec ça veut dire « beau » et en breton, « cœur ».
Digor Kalon, « ouvrir son cœur ».
Digor Kalon, en breton, ça veut aussi dire « apéritif », c’est d’ailleurs le nom d’une taverne à Perros-Guirec dans les Côtes-d’Armor, où j’avais l’habitude d’aller.
Dispak ! Ouvert ! »
La voix qui dit ces mots est celle de Patricia Allio. Elle est assise sur un des quatre gradins disposés en vis-à-vis dans la grande salle des Halles de Schaerbeek. Autour d’elle, des spectateurs écoutent la manière dont elle fait résonner ces deux mots : Dispak Dispac’h. Bientôt, un homme vient s’allonger sur le plateau, très proche d’elle. Une danse s’amorce, lente, silencieuse, entre le récit de Patricia Allio et le corps de cet homme, Bernardo Montet. Comme une naissance. Une mise au monde. Un naufrage.
Dans le récit de Patricia Allio, il est question de Paris, du quartier de la Goutte-d’Or, du Soudan, et de la région du Darfour. Il est question d’Alnoor Mohamed, rencontré entre novembre 2017 et février 2018, dans le cadre du BAAM, le bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants. Il est question de la Bretagne, de bibliothèque, d’exil, d’une « difficile…
Auteur: dev

