Si l’expansion économique suisse en dehors des frontières n’a p as pris appui sur la force armée mais plutôt sur ses politiques humanitaires, il n’en reste pas moins que la Suisse joue un rôle central dans le maintient jusqu’à aujourd’hui de l’idéologie raciste, suprémaciste et néo-coloniale de l’Impérialisme.
Pour le premier article de ce thème du mois, nous vous proposons une traduction inédite en français de l’article de Rohit Jain :
Raffinerie d’or psychotrope suisse. Explorations ethnographiques de l’amnésie postcoloniale et au-delà…
Publié dans : knowbotiq & Nina Bandi (ed.) : Swiss Psychotropic Gold, Bâle : Christian Merian Verlag, 1126 – 1665 / https://swisspsygold.knowbotiq.net/
Se promener dans le musée de l’or, c’est prendre vaguement conscience que depuis des millénaires, le mystère de l’or est à la base de la monnaie dans le monde entier, par le biais de mythes et d’histoires. Mais une histoire manque à l’appel. Le musée passe sous silence le fait que, pendant plus de trois siècles d’occupation espagnole, la colonie s’est caractérisée et approfondie par le travail des esclaves africains dans les mines d’or. En effet, c’est cet or, ainsi que l’argent du Mexique et du Pérou, qui a amorcé la pompe du décollage capitaliste en Europe, son accumulation primitive. (Taussig 2004:x)
“L’or rend l’homme fou parce que le désir qu’il stimule est sans limite, il est porteur d’un danger qu’il faut contenir par un pare-feu de contes de fées et de superstitions” (Taussig 2004:5).
Dans “Mon musée de la cocaïne” (2004) [1], l’anthropologue Michael Taussig tente de trouver un langage, à la fois ethnographique et poétique, pour comprendre et exprimer comment la Colombie contemporaine est hantée par l’histoire violente de l’or. Il s’appuie sur l’exposition du Musée de l’or de Bogota, le but de ce projet est de réfléchir à la violence passée et expose…
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