Convenons-en, en France en 2025, l’addition des termes « parti » et « communiste » suscite spontanément l’envie de rire et plus raisonnablement l’envie de fuir. Ils contiennent et recouvrent pourtant des enjeux qui ont traversé le mouvement révolutionnaire depuis des siècles, à savoir comment et sur quelle base s’organiser depuis un parti pris sur et contre le monde ?
C’est cette discussion que propose de reprendre et d’actualiser ici le géographe états-uniens Phil A Neel.
Les prix sont plus élevés. Les étés sont plus chauds. Le vent est plus fort, les salaires plus faibles et les incendies se déclarent plus facilement. Les tornades vagabondent dans les villes comme des anges vengeurs. Quelque chose a changé. Les fléaux brûlent profondément dans le sang. Tous les deux ans, une grande inondation, chargée de cadavres, retourne le sol d’une autre nation punie. Derrière nous se trouve le grand feu carbonifère de l’histoire humaine. Devant nous, une ombre qui s’assombrit, projetée par nos propres corps, pris au piège et se débattant dans le tourbillon. Tout le monde peut sentir que quelque chose ne va vraiment pas – qu’un mal s’est infiltré dans le sol même de la société – et que les pouvoirs et les principautés de ce monde sont à blâmer. Et pourtant, nous nous sentons tous impuissants à exercer une quelconque vengeance. En tant qu’individus, nous ne voyons aucun moyen d’exercer une quelconque influence sur le cours des événements et devons simplement les regarder nous submerger. Nous nous retrouvons désarmés et seuls, confrontés à un avenir sombre dans lequel des horreurs frissonnantes rôdent juste au-delà de notre champ de vision, entraînés inexorablement vers l’avant alors que les chaînes cliquettent et que les sons de la tourmente résonnent depuis le monde à venir.
Mais, avec les bons yeux qui regardent aux bons endroits au bon moment, vous pouvez peut-être voir l’ombre…
Auteur: dev

