La compétence est le nom d’un projet pédagogique-politique étendu à l’ensemble de la société. Ce projet court de la maternelle à l’université (ce qu’on commence à entrevoir) : mais il ne se limite pas même à la question scolaire. Il est un concept social totalisant.
Jacques-Alain Marie, dans ces Thèses, établit la nécessité de prendre la compétence très au sérieux : il la traite comme un concept. Après la publication en novembre 2023 des thèses n° 1, 3, 4, 5, 6 et 7 (voir ici et ici), des thèses n° 8, 9, 10 et 11 en janvier 2024 (voir ici) et des thèses n° 16 et 18 récemment (voir là et là), nous publions aujourd’hui, après un petit rappel de la « situation », les thèses n° 15 et 19.
Un tract récent signé du collectif Jeunes de la CGT 44 (Nantes) cerne très bien l’enjeu. Il est intitulé : « Renforçons la reconnaissance des diplômes nationaux face aux pièges des “compétences” patronales ». Et ce tract s’en prend lui aussi à la compétence comme à un concept (c’est-à-dire qu’il en fait quelque chose de très concret), en l’opposant à la qualification, au métier (ce que nous ferons à sa suite, un jour, dans la Thèse n° 13). (Et voir déjà ci-dessous, note 113.)
On peut s’étonner (ou pour le dire sans ironie : regretter ; constater tristement) qu’en revanche les syndicats d’enseignants – dans le primaire, le secondaire comme dans le supérieur (SNUipp, SNES, SNESUP, Sud-Éducation, etc.) – ne semblent toujours pas prendre la mesure de ce qui se joue avec le concept de compétence (dans l’ensemble de la société, comme aussi dans les classes et les amphithéâtres) et ne lancent toujours pas d’alerte un peu ferme et audible… Si les universitaires du SNESUP, par exemple, pouvaient lire un jour le petit tract des Jeunes de la CGT 44, ils prendraient (par le bas ?) une leçon (conceptuelle) (politique).
Nous rappelons qu’un « Appel contre les…
Auteur: dev

