Tilly Edinger a créé une branche de la paléontologie en étudiant l’évolution du cerveau grâce à des moulages de fossiles. Son statut de scientifique reconnue a contribué à assurer son exil d’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.
Les sources de la paléontologie moderne remontent au XIXe siècle, mais des branches complètement nouvelles de la discipline émergent de temps en temps. En 1921, c’est la naissance de la « paléoneurologie », qui étudie les cerveaux fossiles.
Voici l’histoire de Tilly Edinger, sans qui ce domaine de recherche ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui.
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Comme le nom le suggère, la paléoneurologie combine l’étude de fossiles et celle de l’évolution du système nerveux : elle permet de comprendre comment les cerveaux des animaux ont évolué depuis la nuit des temps pour donner l’incroyable diversité que l’on connaît aujourd’hui.
Étudier des cerveaux fossiles est une gageure puisqu’à la mort d’un être vivant, toutes les parties molles se décomposent rapidement, y compris le cerveau. Seul le squelette est suffisamment robuste pour fossiliser avec le temps.
Les paléontologues contournent le problème en créant des moulages de l’intérieur de la boîte crânienne, appelés des « endocastes ».
La taille et la forme d’endocastes d’animaux nous renseignent sur leur comportement et leurs interactions avec leur environnement et les autres êtres vivants. Par exemple, les requins ont un bon odorat, alors que les truites sont plutôt considérées comme des prédateurs visuels. Il n’est alors pas surprenant que les cerveaux des requins et des truites se différencient notamment par la taille des régions cérébrales associées à l’odorat et à la vision.

Auteur: Alice Clement, Research Associate in the College of Science and Engineering, Flinders University

